Romancière, ou : la polyvalence

Bonjour mes Sowlistes,

Ce métier peu courant peut en intriguer plus d’un.
Qu’est-ce que cela implique d’écrire des livres ?
S’agit-il simplement de se poser devant un carnet ou un ordinateur et de coucher les mots sur le papier ?
J’ai décidé de développer plus amplement ce sujet, ici, avec vous.

Comme j’ai tenté de l’exprimer à l’aide des vignettes ci-dessus (j’espère que vous aimez Stalïa et Deïko que j’ai pris plaisir à dessiner), être romancière ne s’arrête pas à écrire des mots noirs sur blanc.
Avant d’en arriver là, on synthétise, schématise notre idée. On fait des recherches complémentaires afin d’approfondir notre sujet et donner de la consistance à notre récit.
On s’organise : des documents, des images de référence. Parfois même on fait nos propres croquis de lieu, de créature etc.
On part explorer des lieux aux alentours, pas simplement pour prendre l’air mais pour trouver l’inspiration, une idée, s’imprégner de la nature, de ses bruits, de ses odeurs. Tout cela aussi donne plus de consistance à notre récit.

Écrire c’est donc : faire des recherches, des croquis, explorer, écouter, observer, rédiger, corriger. Bref… Écrire c’est accepter d’avoir plusieurs casquettes.

Pour ma part, je fais tout ce que je vous ai énuméré. Je vous parle en effet de mon expérience. En plus de ça, vous savez que pour présenter mes livres lors des salons, j’aime agrémenter ma table d’un décor unique réalisé à la main. Je m’improvise alors décoratrice, sculptrice etc.

Donc, contrairement à la pensée générale dominante : écrire ce n’est pas de tout repos. On ne s’assied pas pour écrire et tout ce fait tout seul comme par magie.
Oui, j’ai l’histoire en tête. Cependant, il faut de la cohérence, un supplément d’âme, un petit quelque chose dans les descriptions qui saura vous emporter, vous toucher, vous rappeler un souvenir, une odeur ou encore, une émotion que vous avez déjà vécue ou rencontrée.

Écrire ce n’est pas non plus s’asseoir une heure et vagabonder, dormir, puis revenir une heure plus tard. Il arrive qu’on écrive pendant plusieurs heures d’affilées. D’autres fois on cale. On a besoin de s’aérer l’esprit, de faire autre chose.
Souvent, j’écris de 7h00 à 23h00 en mettant de côté les repas… Ce n’est pas bien, je sais, j’essaie de m’améliorer en prévoyant un petit encas rapide à réchauffer. C’est dur de lâcher son écriture en plein milieu d’un élan d’inspiration ou de motivation. On perd la notion du temps. “Tiens, il est 16h00 j’ai pas mangé à midi. Bon je vais le faire maintenant.”

Écrire c’est aussi accepter ses insomnies. Je suis une créatrice de la nuit.
Vous dormez… Vous rêvez… Vous ouvrez les yeux. “Bon sang ! Une idée. Quelle heure est-il ? 1h23 du matin… M’en fiche, faut que je note, que je fasse un dictaphone, peu importe. Je dois absolument en garder une trace !”
Et vous êtes encore en train d’y réfléchir à 4h00, à développer l’idée dans votre esprit. Le sommeil ne vient pas. Ou tardivement. Puis l’heure de se lever pour s’y remettre arrive et c’est reparti.

Puis quand vous avez terminé votre œuvre, que vous l’avez présentée à un éditeur, qu’elle est acceptée, passée entre les mains de bêta-lecteurs, correcteurs, illustrateurs, etc., il vous reste à devenir commerciale pour le vendre sur les salons et séances de dédicaces. Réussir à résumer l’histoire, à répéter ça encore et encore sans ressentir de lassitude et sans la transmettre aux lecteurs qui n’ont pas conscience que ça fait 1000 fois que vous répétez le même discours. En variant certaines phrases évidemment.
Il faut savoir essuyer les refus mais surtout on se sociabilise en discutant avec chaque passant, en apprenant leur histoire personnelle qui vient enrichir la notre, on écoute ce qui a plu, moins plu dans notre récit. On apprend. On doit savoir accepter la critique, la bonne critique, celle qui vous enseigne vos points forts et vos points faibles dans le plus grand respect.
On se réjouit de l’émerveillement que l’on provoque dans le regard de nos lecteurs.

Être romancière : c’est accepter de porter plusieurs casquettes, apprendre chaque jour à améliorer les compétences qui vont avec. C’est aussi avoir plusieurs personnalités qui se battent en nous : la timide, l’audacieuse, l’adorable et la diabolique, la commerciale, la fatiguée, la déprimée, l’enjouée.
Mais surtout : accepter d’être la démiurge d’un univers tout entier avec ses adeptes et ses détracteurs ainsi que toutes les qualités et défauts qui nous incombent.

J’ai très certainement dérivé comme un morceau de bois flotté qui se laisse emporté par les vagues d’un océan sujet aux caprices de la météo.

Tout ça pour vous dire que oui, je m’assied et j’écris. Mais non, mon activité ne se résume pas à cela.
Je n’utilise pas que Word. J’utilise un crayon et du papier, mes jambes, mes yeux, mes oreilles, mon nez. J’utilise Clip Studio Paint, Power director, mon imagination… Surtout mon imagination et ma passion.

J’espère que cet article aura répondu à vos questions. Si d’autres vous viennent, n’hésitez pas à laisser un commentaire juste en-dessous et je m’efforcerai d’y répondre au mieux.

Bien amicalement,
S.Owl

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